3 jours autour du Viso

Par Thibaut

Du 10 au 13 septembre 2026

Tout part d’une proposition de Hugues : aller passer trois jours autour du Viso, avec un programme ambitieux, pas forcément très difficile techniquement, mais quand même bien long.

Deux semaines avant le départ, on se retrouve autour d’une bière et d’un topo pour essayer de comprendre où on va mettre les pieds.

Vendredi 17h, départ d’Annecy, passage par le Fréjus et forcément petit resto en Italie, avec les premières pâtes al dente du week-end. Vers 23h, on plante les tentes sur un parking au fin fond du Queyras sous les étoiles et avec les orages qui flashent au loin côté italien. La nuit sera courte.

Le lendemain, on s’enquille de bon matin les 1200 m de D+ jusqu’au col de la Traversette pour rejoindre la voie Skywalker. Et là, on passe une superbe journée dans le ciel, sur le fil entre la France et l’Italie, en passant par la pointe de Marte, l’Aiguille Bleue et la pointe de Venise.

Skywalker, c’est aussi le début de la traversée de Berhault, un grand alpiniste des années 90/2000. Quand on passe la journée à regarder tous les sommets qui s’enchaînent devant nous, on commence à mesurer le chantier que représentait la traversée complète. En hiver, en solitaire…

Dans l’après-midi, on descend finalement vers le refuge Giacoletti. Et les Italiens savent recevoir : bon repas, gardiens aux petits soins, et surtout, quand on se demande s’il faut choisir entre la soupe et les pâtes pour l’entrée, la réponse est simple : les deux. Hugues valide très fort le concept.

Quelques heures plus tard, réveil à nouveau bien tôt pour aller chercher le gros morceau du week-end : l’arête Est du Viso. Deux heures d’approche et nous voilà au pied, avec 1100 mètres d’arête devant nous.

On passera sept heures là-haut, à grimper au-dessus des nuages… franchement, difficile de rêver beaucoup mieux comme ambiance.

On atteint finalement le sommet du Viso, à 3841m, tous les quatre très fiers. 

Il reste quand même à redescendre par la voie normale, qui nous rappelle assez vite que « voie normale » ne veut pas forcément dire « petite rando tranquille ».

Hold-up du weekend, la veille Hugues sympathise avec des randonneurs qui nous réserveront une place au bivouac non gardé grâce à un petit papier posé sur trois lits « Réservé CAF Annecy, retour de course ».

Beau jeu ces italiens, ça nous évitera de dormir par terre.

Le lendemain, il nous reste 20 km pour rentrer à travers les vallées italiennes puis françaises.

Sacré week-end, et surtout une belle équipe. Merci Hugues, Emmanuel et Mathieu !


Trace d’Espoir _ Course de ski alpinisme Caritative sans chrono, ni classement

groupeLe 7 février 2026, l’ancienne station de la Sambuy s’est transformée en terrain de jeu solidaire pour la Trace d’Espoir. L’objectif est simple : se faire plaisir, partager des sourires, découvrir et apprendre – Le tout en soutenant la différence !

La Trace d’Espoir est une course de ski alpinisme et de randonnée caritative, sans chronomètre ni classement, organisée par l’association Mayann Autisme et Vie. Tous les bénéfices sont rétribués pour soutenir Mayann, jeune adulte porteur d’autisme profond, et sa famille dont le quotidien est difficile.

Environ 25 adhérents du CAF Annecy ont répondu présent pour le grand parcours : initiation ou perfectionnement au ski alpinisme dans une ambiance bienveillante où l’entraide et l’esprit d’équipe priment sur la performance.

Le parcours hyper technique, pensé pour être exigeant et ludique, mêlait franchissement d’arête, descente en rappel, ski encordé, main courante et montée en crampons, toujours sans chrono ni classement ! Un format idéal pour celles et ceux qui veulent juste se faire plaisir.

Tout au long du parcours balisé et sécurisé, nos valeureux participants ont découvert plusieurs ateliers : 

– Une montée en ski de rando jusqu’au Chalet Là-Haut où boissons chaudes attendaient nos skieurs. 

– Un atelier d’initiation au cramponnage, autant utile aux néophytes comme aux plus expérimentés.

 20260207 090422

20260207 091338

– Une descente puis une remontée en ski encordé (à 2 ou à 3), exercice non des moindre, source de belles gamelles dans la poudre, de nombreux éclats de rire et de bons souvenirs pour nos sportifs (RIP mon bâton, qui n’aura pas survécu à cette épreuve…)

20260207 093815

IMG 2913 1

– Mais l’atelier tant attendu est évidemment le franchissement de la partie supérieure de l’arête Sud de la Pointe de la Sambuy (2 198 m), qui est sécurisée par de cordes fixes spécialement pour l’occasion : un itinéraire très alpin offrant des panoramas grandioses et des sensations fortes !

IMG 3096

PXL 20260207 102118640

 

– Un dernier atelier attendait nos skieurs de rando, la descente en rappel « à la genevoise » sous le Col de la Fenêtre.

PXL 20260207 101529638

PXL 20260207 112401886

Après une longue descente dans une neige douce sur le haut, plus changeante sur le bas, un ravito convivial a permis à tous de refaire le plein d’énergie, accompagné d’un concert en live sur la terrasse de l’Avalanche Bar ! La météo aussi était de la partie : grand soleil, magnifique ciel bleu et vent absent, que demander de plus ?

Certainement de participer à cet événement l’année prochaine ! 

Alors un grand merci à tous les participants qui ont envoyé une rafale de sourire et une belle énergie !
Merci pour cette belle journée en montagne !

Plus d’info sur la Trace d’Espoir : https://www.tracedespoir.com/

Premier week-end du cycle autonomie alpi – 1&2 juillet

image 5

Départ samedi 9h du skyway de Courmayeur, un jour « apparemment » beau avec un soleil qui nous donne le moral pour la suite.

Vue sur les aiguilles marbrées au premier plan, Dent du Géant en arrière-plan sur la photo ci-dessus.

Arrivée rapide de nos 3 cordées aux aiguilles marbrées qui portent bien leur nom. Maria et Jérémie nous laissent mener cette traversée « roulante » une sangle par-ci, un friend par-là, pendant que des nuages cachaient le tapis bleu couvrant nos têtes.

image 8 

De gauche à droite : Romain, Maria, Léa et Maewen gardant le sourire.

A noter un magnifique nœud de chaise.

Descente en un rappel de 40m après une attente de 30 minutes sous une fine pluie glaciale qui aura raison de nos vêtements…

Grâce à une annulation de dernière minute, on délaisse le projet bivouac au profit d’une « chambre privative » au vieux refuge qui se méritera par un accès de 237 marches. Quelle chance inouïe !

——————————————–
J2 : réveil 4h30, départ 6h dans le brouillard soufflant pour arriver à 7h30 au col d’Entrèves sur des rochers givrés que dégustent nos crampons. C’est le début des mythiques Aiguilles d’Entrèves.

imagae 3 

Arrivée au col d’Entrèves, départ des aiguilles à gauche.

Maria mène deux cordées devant pendant que la nôtre se fait rattraper par quelques cordées qui attendront sur l’arête effilée notre lente progression sur la matinée, avec un soleil qui nous sauve de l’aube frissonnante.  

image 2 

Notre co-encadrant Jérémie entre soleil, ombre et givre au début de la traversée

L’autre face de l’arête reste gelée et rend glissant un pas de grimpe pour la cordée féminine. C’est de suite après ce pas qu’on peut -enfin- retirer nos crampons.

image 6 

Rare photo de l’éphémère mâchoire supérieure d’un crocodile de montagne

On continue sur la partie la plus aérienne jusqu’au sommet puis on tire un rappel en pente avant de désescalader les dernières dizaines de mètres de la traversée. On atterrit sur le glacier et en une petite heure de retour c’est bouclé !

Traversée magnifique, à croire que nous venions de faire l’arête « fond d’écran » de la page d’accueil du CAF. Heureusement pour nous qu’une traversée aussi mythique était accessible pour une sortie « école ».

Si on suit un cycle autonomie, c’est pour que bientôt, on vous y emmène !

Visite à une vieille dame…

DIBONA1Quand sur le  Whatsapp du groupe EXPErience, le message du guide Didier Angelloz est apparu…mes yeux se sont mis à briller devant ces 3 syllabes! DI-BO-NA »

Une première visite, début Aout, du massif du Soreiller par ses Aiguilles orientales, centrales et une grimpette de la vieille dame par sa voie normale, je m’étais juré que je reviendrai rapidement tâter de la face Sud. Quel bonheur alors quand notre destination fut connue. A la lecture des topos, les intentions grimpantes des 2 Mathieu et de Jerem’ tout particulièrement, me laissait augurer de sérieuses tranches de rocher.

Après une nuit sous le ciel étoilé des Étages, petit hameau encastré entre deux murailles de l’Oisans,  nos 5 bonhommes prennent le chemin du refuge du Soreiller d’un pas bien décidé. Si Didier, la voix de la sagesse de radio CAF, ne nous avait pas rappelé à l’ordre, les 1200 de D+ aurait été avalé en moins de 2 heures. Eh oui, la journée risque d’être longue…

DIBONA2Arrivée au refuge, petite collation, tri du matos, nous confirmons notre intention de découvrir la Mamy par la voie classique de sa  face sud, la « Berthet Boell Stofer ». Un choix serein qui devrait nous permettre de capter l’ambiance du lieu. En effet, elle combine les parties les plus déroulantes de 4 autres voies : la Madier, la variante Berthet, « 7 d’un coup » et les cannelures Stofer, pour un niveau max en 5c, avec un équipement solide, à compléter parfois. Les cordées rapidement constituées, nous nous lançons à l’assaut du bastion, guidés par Didier « la machine » et en 5h20 l’affaire était réglée sans trop de difficultés. Une grimpe agréable, pas trop dure, sur un rocher compact et magnifique, personne dans la voie et un bout de sauc’ au sommet…que demande le peuple !! Du pur bonheur…

Une bonne bière pour fêter ça et les discussions sur le projet du lendemain vont bon train. Rapidement, tout le monde tombe d’accord, ce sera un poil plus dur et un peu plus trad. La Voie des Savoyards c’est donc rapidement imposée. Les commentaires de notre bible international, Camp  to camp, dessinent bien les contours du chantier à venir:

DIBONA3« Belle voie d’escalade ouverte par Pierre Chapoutot et Bernard Wyns en 1967, alors que le gardien leur disait « Descendez ! Cette voie ça va faire de la viande froide ! » »

« Voie historique ouverte en grosses, devenue classique. Elle est restée et restera équipée sur pitons. Itinéraire délicat à trouver dans les longueurs faciles (peu ou pas d’équipement en place). Plusieurs croisements avec d’autres voies. Ne pas toujours suivre les pitons que l’on trouve. 

De quoi, rendre les plus ronfleurs d’entre nous un peu plus songeurs cette nuit…

Un p’tit dej’ rapidement avalé, il nous fallu subir les interminables 2mn37 de marche d’approche d’un pierrier bien raide…Quel confort ! Au pied de la voie, tu peux te rendre compte que tu as oublié tes chaussons et repartir illico les chercher au refuge !

Devant la face, un petit débat s’engage sur l’attaque, à droite…à gauche…Didier tranche ! C’est facile, on y a va au feeling. Première longueur…Ou sont les pitons ? Ben c’est facile, le topo l’a dit, y’en a pas ! Oublies quand même pas de protéger…

 

DIBONA4Une belle cheminée, une rampe en diagonale , oups ! ça devient vertical et ouaaaah ! c’est quoi ce son ? Wooooooosssccccccchhh !?!? Un aigle en plongée ? un micro onde qui dégringole ? Perdu! une aile volante orange vient de dévaler le vallon à une vitesse faramineuse. En 5 secondes, elle l’a traversé et déboîté en plein dans le S de la gorge en contrebas…Estomaqués quelques instants, nous repartons bluffés par l’instant wingsuit… Franchement, c’est un truc à vivre !

Et hop, direction la première vraie difficulté de la journée, une traversée plein gaz en 6a sous les toits, suivie d’une rampe facile qui se transforme en renfougne innommable, paradis du Dulfer.  Ah ! Ces vieux 5 en chiffre Romain qui présagent d’une grimpe à l’ancienne, on les adorent !! J’en sors bien cramé avec des doigts raidis par le froid de ce passage à l’ombre.

Héeee ouiiiii à 3000, c’est pas toujours la canicule.

 

DIBONA5Une dalle au soleil, enfin retrouvé, nous donne accès à la vire Boell et son couloir en 3 (ça fait du bien), nous voilà reparti dans des traversées ascendantes en 5/5 sup, chiffre romain bien sûr ! Une grosse écaille, surplombée du dièdre de sortie, fera un relai fort peu confortable pour préparer le final avec sa traversée sans rien dans les mains et presque rien pour les pieds…pur bonheur avec 300m plein gaz sous les fesses ! Franchement, j’avoue avoir triché…un petit A0, au bout de 12 longueurs à 52 piges, vous n’allez pas m’en vouloir ?

Dans le dièdre, ça coince, ça tire, ça oppose, ça pousse et hop la sortie les yeux écarquillés de bonheur sur la superbe vue dégagée en face Est, comme une pure récompense de la vieille dame après tous ces efforts. Elle a du estimer que nous l’avions mérité…

DIBONA6Un sourire, un Check franc et viril de Didier la machine, un coup de flotte, 3 cacahouètes et hop plein feu sur les rappels et la redescente au refuge. C’est que notre guide, il aime pas traîner (mdr) !

De retour au refuge, on savoure la ptite binouze tant attendue, on trie le matos et hop ça repart plein taquet pour une heure de descente digne de l’UTMB !!

Quel week-end mes amis !! Un groupe de mecs sympas,  pêchus et passionnés, un guide que tu suivrais en enfer, tellement il inspire la confiance, aucunes autres cordées dans nos voies, une météo qu’on pourrait pas faire mieux même si on le voulait…tout ça sous l’œil de la vieille dame !

Merci LadyBona on r’viendra, y a tellement à y faire !!

Jérémie, Les 2 Mathieu, Didier et Phil

Venez tenter l’EXPErience…

Arête Nord de la Tournette

En ce mois de juillet exceptionnel, la météo reste facétieuse. Alors que nous étions promis à faire deux belles voies dans les aiguilles rouges, le bulletin météo nous encouragea à se diriger sur une course de repli: l’arête Nord de la Tournette.

 

 

 

Nous sommes donc partis à l’attaque tôt dans la matinée. Au fur et à mesure de l’approche depuis le pré Vérel, le paysage se découvre à nous, nous laissant admirer lacs, alpages, et parois rocheuses. Une fois l’autoroute des touristes abandonnée, nous suivons un chemin escarpé à travers la salade et les pierriers. Venus se mettre à l’écart du tumulte sur cette grande vire, une dizaine de bouquetins nous observent attentivement. C’est l’heure des photos!

 

 Arrivé au pied du couloir, nous nous équipons. Noé, Claire et Guillaume forment la première cordée; Agnès, Maxime et Sarah forment la seconde. Deux autres cordées font la même voie, nous partons donc. Après un petit couloir, une vire herbeuse et une progression dans les buissons, la partie en rocher commence. 

 Les becquets rythment notre avancée, les goujons savamment placés complètent notre progression. Nous passons les difficultés avec agilité, et nous pouvons profiter d’un panorama exceptionnel des deux côtés. Arrivé au sommet, la pause s’impose: nous dégustons sandwich, fromage et carottes (!) dans le plus beau restaurant des environs.

Les deux cordées en profitent pour nous dépasser, et nous bloqueront aux rappels. Presque 30 minutes d’attente: nous payons cher le déjeuner. Cependant, après ce petit rappel agréable, nous continuons la suite. Guillaume passe en tête sur cette arête plus impressionnante que difficile.

 

Après une courte escalade et un petit rappel, nous jouons au fameux jeu du “où est le spit?”. Cela aiguise notre sens de l’itinéraire! Nous reprenons avec une désescalade idéale pour s’entraîner, puis nous rejoignons le plancher des vaches!

Après un selfie de groupe flou et mal cadré, il ne reste plus qu’à partager un petit verre (de lait) au chalet de l’Aulps, puis à revenir au parking avec tous ces beaux souvenirs!

Conclusion, super journée, un groupe au top et une météo qui a eu le bon goût de se maintenir!

Note: Si vous souhaitez faire cet itinéraire, il reste côté Assez Difficile. S’il est idéal pour initier quelqu’un à l’alpinisme rocheux, il n’est pas un terrain d’exercice pour cordée novice. Une mauvaise connaissance ou application des techniques de progression en arête pourra entraîner la chute, et surement la mort.

Liens externes:

Sélections Groupe Féminin de Haute Montagne

Logo GFHMComité Régional Auvergne Rhône-Alpes FFCAM

29/05/2021

Le réveil sonne à 6h du matin mais la majorité d’entre nous n’a pas dormi de la nuit ! La journée des sélections pour la nouvelle promotion du GFHM est arrivée !

Cette année, les candidates du GFHM vont partager la journée avec les candidate/s d’alpinisme 74 GAF, GAVI et GEA au col de la Colombière, au cœur des Aravis.

Rendez-vous à 8h du matin au Chinaillon. Les anciennes promos du GFHM et du GAF sont déjà en place. Une centaine de candidats entre GFHM, GAF, GEA et GAVI ont été convoqués. A cause de la crise sanitaire, leurs arrivées ont été échelonnées entre 8h et 11h du matin.

Sélections GFHM 1Les candidats à l’écoute de l’organisation – © Lara Briñón

Les premiers entretiens avec les jurys commencent. Un peu d’attente pour certaines, du coup nous en profitons pour papoter et créer une petite salle d’attente au milieu du parking ! Un peu de thé chaud, du soleil et des nouvelles rencontres, l’attente pour les entretiens a été bien agréable !

Pendant que certains passent les entretiens, d’autres attaquent la randonnée chronométrée. Une promenade d’à peu près 600 mètres de dénivelé depuis le parking jusqu’au-dessus du col de la Colombière. Départ par binôme et pas nécessaire de courir et de faire le meilleur chrono ! Car nous ne sommes pas des traileurs mais des montagnards ! Montée en grosses, les sacs chargés avec le baudrier, les dégaines, le casque… Non, nous n’étions pas en mode “light” !

Sélections GFHM 2Randonnée chronométrée – © Cyrielle Gachet

Petite pause après la randonnée, et nous en profitons encore pour faire connaissance avec les autres candidats. La journée est bien lancée. Des sourires, des encouragements, des échanges, on dirait que le stress est déjà passé et maintenant nous profitons de la journée ensoleillée en montagne.

Deuxième partie des sélections : nous sortons le matériel d’escalade et nous attaquons la partie d’évolution en corde tendue. Avec notre binôme nous nous préparons comme il faut : l’organisation du baudrier, la fixation des anneaux de buste, casque en place, et nous sommes partis ! Voilà le premier check : Le guide nous demande de faire un relais. Le caillou est adhérent et plein de lunules.

Sélections GFHM 3Départ pour l’évaluation en corde tendue – © Mélanie Bene

Nous posons notre relais pendant que le guide regarde minutieusement tous nos gestes: “Ta sangle est un peu juste pour ce caillou”, “Faut pas se vacher au maillon rapide!!!”, “Pourquoi tu sors le descendeur? Fais un demi-cab!”. Bon voilà, presque tout le monde a eu le droit à une petite remarque au relais. Mais les instructeurs et les guides vérifient le plus important: la sécurité.

Sélections GFHM 4Progression en corde tendue – © Mélanie Bene

C’est presque la fin. Nous commençons à sentir la chaleur et la fatigue. Mais il nous reste encore la dernière épreuve : l’escalade en grosses.

Sélections GFHM 5Escalade en grosses dans les cannelures – © Cyrielle Gachet

À l’arrivée du pied de la voie, les instructeurs nous indiquent la voie où nous allons grimper. Le caillou de la Colombière est adhérent et présente de belles cannelures. La grimpe en grosses tombe bien, il est facile de coincer nos chaussures d’alpi dans les cannelures. Les binômes se préparent au fur et à mesure qu’ils arrivent et puis c’est parti ! Nous devons tous grimper en tête, avec les grosses, et il faut enchaîner. Pas de “seeeeccc”!!! Mais nous sommes à l’aise : le secteur n’est pas dur et avec ce caillou nous arrivons à tenir même avec un doigt ! Les instructeurs au pied de la voie nous observent, et nous notent dans leur petit cahier. L’important est d’enchaîner, le “style” lui est secondaire.

Quand notre binôme nous redescend, nous sommes contents, souriants, c’est fini ! Maintenant le meilleur moment est arrivé : trouver une terrasse pour une bière pendant que les juges délibèrent.

Retour au Chinaillon. Les candidats du groupe espoir sont déjà en terrasse avec leur bière. Ça ne rigole pas les jeunes ! A mesure que nous arrivons, la terrasse se remplit de candidats. La serveuse toute curieuse nous demande ce qu’on a fait. Tout le monde est content, des sourires, des échanges de numéros, des bières, ça fait du bien ! Des candidats qui partent et d’autres qui arrivent. Des gens que tu avais déjà croisé ou pas encore vus dans la journée. Le stress a enfin disparu. Nous avons tous profité et partagé une journée en montagne. Et même si nous savons qu’on ne pouvait pas tous être sélectionnés dans les groupes, ça valait clairement le coup de passer la journée ici. Le choix n’était pas facile, 8 places pour 50 candidates pré sélectionnées… La délibération a été vraiment longue pour les juges !

Sélections GFHM 6Délibération du jury – © Mélanie Bene

Merci à tous les bénévoles et les guides pour l’organisation. C’était une belle journée de partage en montagne !

Maintenant c’est une nouvelle aventure pour les 8 filles sélectionnées. Des moments intenses, de partage, de connaissance, d’apprentissage dans l’immensité des belles montagnes à parcourir.

Bravo à tous et à toutes!

Sélections GFHM 7Nouvelle promotion GFHM 2021-2023 (manque Sophie) – © Séverine Stemmer

Sortie hivernale sur l’arête des Cosmiques

Aiguille du midiUne préparation de la sortie des semaines à l’avance. Trois inscrits initialement prévus sur quatre. Plusieurs options envisagées, bivouac ou refuge, Italie ou France… Mais dix jours à l’avance, les prévisions météorologiques sont maussades. Les refuges ou téléphériques ferment. C’est l’heure de racler vos spatules, pas d’aller chausser les crampons !

Alors que faire ?

 

 Et bien on garde l’objectif initial, un stage Unité de Formation en alpinisme afin de permettre de confronter sa pratique au rôle de premier de cordée dans un terrain montagne, avec de l’assurage en mouvement. Ça sent la poudre, le froid, le vent. Mais on est motivés. D’ailleurs trois autres inscrits portent le groupe à huit, deux encadrants compris.

On choisit donc un terrain propice, c’est à dire peu d’approche pour les deux jours, refuge pas très loin, terrain permettant de limiter les risques avec cette météo prévue « pas trop bonne voir pas bonne du tout » pour samedi et « mieux » pour dimanche. Direction, le refuge des Cosmiques !

La neige était annoncée tous les jours en fin de semaine. Et comme tous les inscrits aiment la neige personne n’a hésité, ils ont tous suivi ce plan aventurier : « si ça passe samedi, ça passe dimanche ! » On est tous motivés pour une première sortie d’alpinisme hivernal.

Le plan initial était d’aller sur Torino pour jouer dans les marbrées, Entrêves ou les courses
d’arêtes du coin. Mais vu la neige récente et les crevasses tout juste recouvertes, on est partit
sur le plan suivant, direction les cosmiques. Et oui, ce n’était pas un stage neige ni progression
terrain glaciaire. Alors les crevasses, on évite si possible, on veut du rocher. Et du rocher sec !
On prévoit donc un rendez-vous covoiturage le samedi matin vers 9h30 afin d’avoir les premières
nouvelles d’ouverture du téléphérique de l’Aiguille du midi..

Hop, c’est vite vu, « ouverture prévue à partir de 11h ». Alors on y va, on verra. À savoir que
quand il neige beaucoup, ils leurs faut du temps pour déneiger là-haut avant d’accueillir du
tourisme.
On y est. Ça va ouvrir. La peuf prévue est là. C’est tout blanc. -22 degrés annoncé en ressenti
là-haut. Mais on le savait, on vient en connaissance de cause sur la météo. On espère franchement que ça sera mieux que prévu. Et si ce n’est pas pire, le refuge n’est pas loin…

« Kévin, je ne sais pas où est l’arête. » Aïe, ben oui, avec la neige et le vent, plus de trace. Mais avec le brouillard, plus de visibilité non plus. Hop, bravo à notre premier volontaire, Joris, qui s’empare de ses lunettes de soleil (pour y voir encore moins), de son piolet et de mon bâton. Le bâton, c’est bien pour sonder la pente et choisir au mieux sont itinéraire quand on avance à pas de loup.
C’est facile une arête. On a le tombant à gauche et à droite. Et parfois, on a la jambe qui passe dans une corniche. Jean-Noé se souviendra sûrement de cet épisode où, en suivant nos traces quelques centimètres trop à droite, il se retrouvera 1m plus bas. Ok c’est repartit, on devine un rocher, on sait où on se trouve… Ça descend, une visibilité qui s’améliore, on passe de 5 m à 10 m. Un skieur en approche à la remontée. « Crampons envolés par le vent ». Ah oui, ça souffle. Et pas qu’un peu. Chaque centimètre de peau à nue est attaqué par ce vent vorace qui se sent plein d’énergie avec ce nouveau froid tout juste arrivé. Et nous voilà arrivé sur la « terrasse » là ou on chaussera les raquettes à neige.

L’arête est franchie. Nos aventuriers, une fois bonnet et beuf remis en place sont confiants pour la suite, on a même une vue dégagée sur notre première trace, le brouillard se lève, un peu. Il jouera toute la
journée.

L’ambience est annoncée, le stage est maintenu, le groupe est toujours motivé.
On a transformé ce « simple » stage d’évolution en terrain de montagne vers un stage découvertede l’alpinisme hivernal. On est prévenu, on va tester notre matériel. Notre choix sur
l’organisation du sac à dos, du choix des chaussures jusqu’au choix du collant. D’ailleurs
certains n’ont pas réussit à choisir et ont portés les deux collants. Pas forcément à recommander,
mais il parait que c’était chaud.

Notre objectif du jour, s’approcher du refuge des Cosmiques et d’aller évaluer un peu le niveau de
chacun dans les arêtes Lachenales.
Objectif un peu trop embicieux… En effet, on s’est plutôt orienté sur une promenade sur glacier, à brasser de la peuf et à travailler l’orientation dans le brouillard. Mais avant ça, merci au second volontaire, Gilles, qui nous a fait la première trace en raquettes. Parmi les crevasses et oui comme annoncée elles seront cachée. Une semaine avant ça passait en « S », 4 pas à droite, 3 pas à gauche, là à vue ? « Tout droit ! ».
Il s’est donc retrouvé jusqu’au hanches dans la neige. Et oui les raquettes ça portait quand même
un peu mieux sur le glacier bouchée. Aller, on ressort, on se rassure le passage de crevasse est
derrière (pour mes seconds de cordées) et on essaye de trouver une ligne pour le refuge.
Deux ou trois personnes sur huit auront passé une jambe ou deux dans ce pont de neige. La corde ?
Personne ne l’aurait remise en question.

P1030852

 

 

 

 

 

 

Arrivé sous le refuge, on n’a pas froid. Mais on a quand même une personne sur le groupe de 8 qui
n’a pas de raquettes. Elle s’enfonce pas mal quand même. Et une raquette avec une fixation cassée par
le froid. Ah, comme le bâton de l’arête, il aura fait son taf mais pas plus. On trace quand même jusqu’au genoux, la neige est magnifique. On a tous envie d’être en ski. J’essaye quand même de les rassurer, l’arête des cosmiques le lendemain avec les ski sur le dos ce n’est pas franchement du bonheur.

Aller, on change de traceur, Joris repart à l’attaque pour trouver le départ des Lachenales.
« Sud Sud-Est ». Ok… On se retrouvera avec une belle trace sur le GPS après analyse. On tirai toujours franchement à droite, sans jamais quitter la pente côté refuge. Soit il était appelé par la bière, soit il
préférait le plan « arête à Laurence ». Comme la trace se rebouchait, on continué à jouer un peu, voir si le temps se dégageait. Et non… Donc retour sur nos trace « Ah oui, je la trace n’est pas bien droite », pour remonter au Refuge. Nouvelle trace, merci à Océane, il fallait la méritée cette arrivée au refuge. L’été c’est quand même plus simple…

Une fois arrivée, le brouillard se lève et on voit qu’on était encore loin. Non franchement, ce
n’était pas le bon plan d’aller dans les Lachenales par cette météo. L’arête à Laurence pour
arriver au refuge aurait été une alternative plus juste. Mais on risquait quand même d’avoir
froid.

Super accueil par les nouveaux gardien du refuge. On a révisé les différentes techniques de
progression au chaud, il fallait être créatif pour trouver un bequet, l’exercice n’en était que
plus propice pour la mise en pratique « personelle » du lendemain.

La nuit était très clair. « C’est maintenant qu’il faut y aller ». C’était une bonne idée, mais il
aurait quand même fait froid !
On part donc du refuge vers 8h, le plafond est haut, ça nous arrange le brouillard on en a eu
assez. Par contre c’est quand même jour blanc. Une nouvelle trace pour l’accès à l’abri Simon,
puis l’attaque.

Abri Simon

Là, il aura fallut pratiquement 2h pour quitter la vue du refuge alors qu’habituellement 30 minutes suffisent. La première
pente était bien enneigée, ça brassait pour tout le monde. Et bien sûr, on ne pouvait que deviner
ou ça passait au mieux.

P1030873

Bravos aux premiers de cordées, la trace était clair, les options assez bonne et l’assurage bien
pratiqué.

Deux cordées en venant du téléphérique auront tracés bien vite, sans raquettes, jusqu’à rejoindre
nos traces du matin. Ils nous ont doublés très rapidement cadancé par un guide souhaitant avoir la
même vitesse l’été que l’hivers sur cette arête. Ça nous a bien arrangé, qu’ils tracent la seconde
partie de l’itinéraire. Parce que Noé et Joris sont restés la première cordée sans véritable
relève cette journée-ci.

On aura mis entre 6 et 7h à faire la traversée. Et le vrai doute était le fonctionnement du
téléphérique, vent fort annoncé en soirée.
Personne n’aura vraiment eu froid et le « crux » aura laissé son impression à tout le monde. La
chance pour la première cordée la fissure a été nettoyée par ceux qui nous ont doublés.

P1030882

 

Après ce dernier passage permettant une pause bien méritée, encore un peu de vagabondage sur l’arête nous permet d’arrivée à la station du téléphérique, vide de tourisme.

L’arrivée sous le soleil par notre cordée du milieu.P1030890

 

Bravo à ce super groupe qui a tenu le coup malgrés les conditions et d’avoir misé, comme nous, sur
une météo « pas trop mauvaise -> assez bonne ».

IMG 20200929 WA0000

 D’autres photos sur le compte-rendu de Joris sur son blog

Récit photo du raid alpinisme en Suisse !

terrain de jeu

Le Raid Alpinisme en Suisse a tenu toutes ses promesses malgré une météo sur place quelque peu capricieuse qui n’était pas sans rappeler la Bretagne : comme le dit le proverbe, il a fait beau plusieurs fois par jour ! Fort heureusement le granite de la Furka s’est révélé à la hauteur de nos espérances et nous a permis de réaliser une fois encore de superbes ascensions, totalement seuls, pour notre plus grand plaisir !

Si l’on excepte votre G.O. préféré, ce raid alpinisme s’est déroulé avec un groupe d’une parité parfaite: 2 femmes et 2 hommes ! En ces temps de crispations au sein de notre société, il est bon de rappeler que voilà la vraie modernité : la mixité hommes/femmes et le vivre ensemble en toute simplicité, sans sexisme ni critères particuliers autres que savoir marcher une journée avec un sac à dos et franchir quelques passages de 5 sup. Avis aux amatrices et aux amateurs !

Refermons la parenthèse, et c’est donc avec un nouveau groupe de 5 cafistes du club très enthousiastes que nous prenons la route pour un périple Suisse relativement lointain dans le canton d’Uri, au-delà de notre terrain de jeu habituel du Valais.

La première journée fut déjà bien remplie avec, dans l’ordre : le long trajet jusqu’au Furkapass, la montée au refuge, les révisions des manips et échanges sur le matériel, le repérage des approches pour les jours suivants, et pour finir l’étude approfondie de la carte des bières et consommations (en allemand). Bref, une première journée harassante.

camp de base

Nous établissons notre camp de base à la Sidelenhütte.A l’arrière plan à gauche, notre 1er objectif du séjour, le Gross Furkahorn.

 

Heureusement dès le lendemain nous mettons le réveil à 5h pour nous reposer sur l’arête S du Gross Furkahorn (!) . Cotée D pour Difficile, ça grimpe quand même cette affaire et si la plupart des spits rencontrés sont superflus, certains sont mousquetonnés sans frustration aucune. Tout le répertoire de la grimpe en montagne y passe : dièdres en dülfer, sections d’arête aériennes, dalles compactes et désescalade sont au menu sur un rocher de rêve.

 Furkahorn.2 2

Furkahorn.4       Furkahorn.5

Furkahorn.6

Furkahorn.8

 

Le soleil joue à cache-cache et nous prenons une belle averse qui ne freine pas notre progression ni la bonne humeur du groupe ! Le sommet est splendide, très aérien, et nous offre une superbe vue sur le glacier du Rhône, celui-là même qui alimente un fleuve bien connu chez nous.

Furkahorn.summit

Furkahorn.summit2

 

Une brève section de désecalade ponctuée d’un grand rappel nous permet d’atteindre la neige. Des névés raides nous ramènent à notre point de départ et nous permettent de clore cette première belle course très complète.

Furkahorn.9

 

Retour au refuge pour une nouvelle étude des consommations…toujours en Allemand.

« Weissbier ça veut dire bière blanche ?

– Oui mais non, en fait c’est pas vraiment de la blanche.

– Ha okay. Mais Weiss ça veut pas dire blanc ? »

Le Français Moyen ayant la réputation d’être une bille en langues étrangères, nous mettons un point d’honneur à être à la hauteur de la renommée de nos compatriotes. Seul Thibaut parvient à surnager dans cet océan de médiocrité et d’incompréhensions. Quelle ne fut pas notre surprise de voir nos hôtes Helvètes ainsi que la plupart de nos compagnons de table faire des efforts incroyables pour venir parler Français avec nous. Bigre, ça change de mes souvenirs de l’Oberland, ici les gens sont autrement plus sympathiques !

arc en ciel

Un bel arc-en-ciel vient égayer l’apéritif entre deux averses

 

Le sommet du lendemain est particulièrement alpin et se révèle être une très belle surprise : le Gross Bielenhorn, coté D+ (Difficile sup) et allègrement équipé lui aussi dans sa première partie mais laissé totalement vierge dans la seconde partie. Un beau moment de montagne !

Bielenhorn.1

Bielenhorn.2

Bielenhorn.4

 

La météo fait des siennes et vient tester notre motivation et notre ténacité plus encore que la veille. Une pluie fine, puis de plus en plus forte, s’abat sur nous tandis que nous poursuivons notre ascension. Mais le rocher exceptionnel nous permet d’avancer, et de gravir sans trembler une belle longueur de 5c trempée. Le grain du rocher semble littéralement s’incruster dans la peau des doigts et la gomme des chaussons, nous permettant de jouer les geckos et narguer plus ou moins fièrement les ondées qui nous arrosent.

Bielenhorn.3

Bielenhorn.41

Bielenhorn.5

 

Tandis que nous tirons un 1er rappel le soleil fait de nouveau son apparition, et ne nous quittera plus. Tant mieux ! Nous évoluons désormais en terrain montagne en grosses chaussures, suivant notre flair pour gravir les fissures jusqu’au sommet. Quel rocher superbe, on se croirait à Chamonix!

Bielenhorn.6

Bielenhorn.7

Bielenhorn.summit

Thibaut immortalise l’équipe au sommet du Gross Bielenhorn

 

Quelques rappels plein gaz agrémentés de désescalades aériennes nous permettent de regagner le pied de l’arête 2h plus tard. Well done !

Bielenhorn.10

 

Le quatrième et dernier jour sur place sera en quelque sorte la cerise sur le gâteau. Ou plutôt sur la tortue ! En effet notre dernière ascension se nomme « l’arête des tortues », en référence aux formes du granite qui évoquent ces symathiques animaux. Un nom poétique qui se traduit en version originale par « Schildkrötengrat ». Hé oui, l’Allemand, ça ne s’invente pas !

tortue

ça ressemble à ça une tortue Suisse ?

 

tortue 2

Thibaut et la Tortue

Un rocher superbe (encore et toujours) et une escalade abordable en 4/4+ nous permettent pour certain de parcourir l’arête en grosses chaussures (cotation AD – Assez Difficile). Nous tairons ici l’anecdote selon laquelle la seconde cordée s’est lancée dans une longueur en 7 en pensant grimper une longueur en 4+, ce qui eut d’ailleurs été fort dommage car la dite longueur en 4+ , fort jolie et plein gaz, méritait d’être parcourue !

tortue3

Quoiqu’un peu courte, l’arête offre de superbes passages d’escalade de montagne

 

L’arrivée au sommet du Chli Bielenhorn ponctuait de fort belle manière ce joli raid de 4 jours au col de la Furka.

tortue4

photo finish

 

Une dernière « Weissbier » pour la route et il était temps pour nous de redescendre retrouver la canicule et la civilisation.

derniere weissbier

Bravo à Noémie, Marjorie, Thibaut et Cédric pour ce raid alpinisme de 4 jours couronné par trois beaux sommets!

Itinéraires de cafistes gâtés

20200705 142553Le mois de juillet nous a offert des conditions d’escalade idéales, tant en haute qu’en moyenne montagne.

Il n’en fallait pas plus que nous allions nous délecter du caillou avec les afficionados du club et parcourir quelque unes des plus belles grandes voies d’escalade de la région !

 

 

Voyez plutôt les itinéraires parcourus :

 

– Nabot Léon (6a max – Terrain d’Aventure – Massif du Mont Blanc);

– L’eau Rance D’Arabie (6b+ max – Terrain d’Aventure – Massif du Mont Blanc);

– Extase (7a max – Tout équipé – Secteur des Grandes Suites);

– Octopussy (6c+ max – Tout équipé – Pointe Sud du Sapey);

– Le Maillon Manquant (6b+ max – Terrain d’Aventure – Massif du Mont Blanc);

– Voie Ménégaux (6c max – Terrain d’Aventure – Massif du Mont Blanc);

 

Toutes ces belles voies ne doivent pas être jugées au regard de leur cotation max : en second, elles ne requièrent peu ou prou qu’un vrai niveau 6a/6b pour pouvoir en profiter. Une réelle expérience du leader est toutefois requise pour grimper sereinement et tenir les horaires, surtout s’il y a une remontée mécanique à la clé !

 

Nous conclurons ce mois de juillet par une sortie cool, La voie du trou, suivie de l’arête qui débouche au sommet de la pointe percée (5c max – tout équipé – Aravis).

 

Une belle moisson pour les grimpeurs-alpinistes du club et incontestablement un mois de juillet réussi !

La suite en photos :

extase 6c Copie

Extase – Grandes Suites – 4e longeur – 6c

 

Leau Rance 6b Copie

L’eau Rance d’Arabie – Pilier Rouge de Blaitière – 1ère longeur – 6b+

Voie Ménégaux 6a Copie

Voie Ménégaux – Aiguille de l’M – 3ème longeur – 6a

 

Maillon Manquant 6b Copie

Le Maillon Manquant – Gendrame Rouge du peigne – 7ème longeur – 6b+

 

Nabot Léon 5b Copie

Nabot Léon – Pilier Rouge de Blaitière – 4ème longeur – 5b

 

octopussy 6b Copie

Octopussy – Pointe Sud du Sapey – 4ème longeur – 6b+

 

Voie du trou 5b Copie

Voie du Trou – Pointe Percée – 4ème longeur – 5c

 

ALPINISME Dernier week-end, nouveau concept : un 3000 le samedi, un 4000 le dimanche

20180930 101850
La saison d’alpinisme touche à sa fin, alors pour oublier la tristesse des refuges qui ferment et l’automne qui arrive, on mise sur un beau programme avec un maximum de chaleur Suisse Allemande ! (ndla : oxymore ethnologique)

Le samedi, ce sera l’arête sud du Jegihorn (3206m) et le dimanche, le clou du spectacle : l’arête Sud du Lagginhorn (4010m), une des plus grosses courses de la cuvée des collectives 2018. Le topo évoque une « longue course d’arête à 4000m à ne pas sous-estimer ». On ne peut pas dire que l’on n’était pas prévenu !

Le soleil quasi permanent du mois de septembre promettait une préparation de week-end des plus aisés mais comme toujours il n’en fut rien ! Des Ecrins à Chamonix, de Martigny aux Alpes Uranaises (dont certains j’en suis sûr ignorent l’existence même), le choix de la destination n’a pas été évident pour nous permettre de faire deux sommets en deux jours tout en réussissant la meilleure combinaison entre temps de route/marche d’approche/sommet de haute montagne/niveau abordable mais intéressant/exposition Est à Sud favorisant l’ensoleillement…… et bien sûr pour le plaisir des participants, un cadre majestueux et du beau rocher à grimper !

Et encore n’est-il ici question que de choisir le bon bout de cailloux ! Mais que serait la préparation d’une collective sans la gestion de l’humain, peut-être plus encore en alpinisme que dans n’importe quelle autre discipline ? Cela m’amène d’ailleurs à une réflexion dont le but ultime n’est pas tant de rendre ce compte-rendu totalement illisible que de diffuser un message de fond : la pratique de l’alpinisme devrait se concevoir pour tout un chacun comme une saison, avec une difficulté progressive, et une augmentation du niveau technique et physique de chacun au fil des sorties, à l’instar de ce qui se fait en ski de randonnée : on fait ses premiers virages en décembre/janvier, des sorties à 1400/1500m de dénivelé en février/mars, et des gros sommets plus alpins en avril/mai. Quand parfois des gens me contactent pour participer à une sortie d’alpinisme en août ou en septembre en n’ayant pas fait de montagne ni d’escalade de l’année, je me sens comme face à quelqu’un qui voudrait démarrer le ski de randonnée au mois de mai. Ainsi j’invite vraiment celles et ceux qui souhaitent pratiquer l’alpinisme à le faire autant que possible avec le club, dont le programme publié dès le printemps aura proposé cette année des week-ends de formation, des sommets à 4000, de la neige, du rocher, et une palette de difficultés allant de « Facile » à « Difficile » en passant par toutes les difficultés intermédiaires. La saison d’alpinisme est courte, 3 mois de mi-juin à mi-septembre, alors nous comptons sur vous pour être au rendez-vous dès le début mais aussi tout au long de la saison !

 

La fine équipe du week-end : Jean-Christophe, Matthieu et Joris

20180930 101850

Refermons la parenthèse et revenons-en à nos cailloux. Du bon gneiss Valaisan en l’occurrence, que Jean-Christophe, Joris, et Matthieu ont eu le plaisir de découvrir ou de redécouvrir pour certains. Rendez-vous à Annecy Nord à 5h45 dans le but d’attraper le téléphérique de Saas-Grund 3h30 plus tard et gravir un premier sommet le samedi : le modeste mais sympathique Jegihorn (3206m), dont l’arête Sud nous permet de réaliser une belle escalade de montagne sur un superbe rocher rouge/orangé dans une ambiance détendue (AD+ / 5a max). Les foules ont déserté les lieux et nous savourons ce bel itinéraire pour nous tous seuls, avec d’autant plus de plaisir que la météo s’est révélée exagérément pessimiste pour ce samedi : point de nuage à l’horizon, soleil et température idéale pour grimper en chaussures d’alpinisme cette très jolie voie alternant entre dalles fines, fissures et couloirs sur un rocher toujours excellent. Et que dire de la vue qui ne nous quittera pas du week-end : une succession des sommets mythiques tous plus majestueux les uns que les autres. Leur simple vue fait immanquablement germer des idées de courses pour la saison prochaine alors avis aux amateurs d’alpinisme pour l’été prochain, affûtez vos crampons et soyez en forme, vous ne le regretterez pas !

 

Joris se régale sur l’arête Sud du Jegihorn

20180930 101850

 

Escalade ludique en excellent rocher

20180930 101850

 

Splendide vue sur le massif des Mischabels depuis le sommet du Jegihorn

20180930 101850

 

Belle vue sur le « monstre » du lendemain ! Le Lagginhorn que nous avons parcouru de droite à gauche. L’arête Sud commence en bas à droite au petit col rocheux au-dessus du glacier.

20180930 101850

 

Nous profitons de la descente pour faire une école de coinceurs. Joris et Jean-Christophe ont le plaisir de mettre en pratique tous les rudiments du terrain d’aventure : pose de câblés et de friends dans différents types de fissures, et installation de relais sur coinceurs et sur sangles. Mais le soleil se cache vite en cette fin septembre et il faut rentrer rapidos au refuge pour pouvoir… profiter de la bière tant que la terrasse du refuge est ensoleillée ! Quelle bonne surprise d’ailleurs que cette Weissmieshütte, rien à voir avec son homologue Brittania, de l’autre côté de la vallée, qui nous avait laissé un souvenir bien fade. Ici le personnel est sympathique, la bière est excellente, fraîche, et peu onéreuse (entre 5 et 6,5 francs la pinte, excellente blanche en bouteille ou blonde en pression). Le repas du soir est bon et varié, dans une salle chaleureuse. Que du bonheur ! Nous avons même notre propre chambre de 4, un vrai luxe. Seul défaut, la largeur des couchettes, plus adaptée à des enfants en bas âge qu’à 4 adultes. Au moins on n’a pas eu froid !

 

Samedi, journée réussie !

20180930 101850

Le lendemain, le réveil sonne à 4h30 pour attaquer le Lagginhorn par l’arête Sud. En potassant les semaines précédentes, j’ai découvert cette arête qui semble plébiscitée : du bon rocher, une course variée comportant malgré tout une approche glaciaire, un niveau de grimpe modeste et une difficulté globale raisonnable (AD-) mais un caractère sauvage et alpin affirmé. Le cheminement dans la nuit est relativement aisé et nous profitons d’un superbe ciel clair et étoilé. Nous remontons dans l’obscurité vers les pentes de neige et de glace du Weissmies, puis nous bifurquons vers l’Est en direction du Lagginjoch. Nous remontons la langue terminale du glacier tout d’abord grâce aux blocs de pierre qui jonchent le sol, puis la glace vive devient omniprésente et la pente se redresse. Crampons, piolet, et progression encordée s’imposent alors et nous remontons une section plus raide en glace. La pente s’adoucit sur le haut du glacier et nous franchissons la rimaye sur la gauche par un grand pas tandis que le jour se lève. La fréquentation des lieux est très modérée : une cordée est arrivée juste avant nous mais file sur l’arête Nord du Weissmies, et nous observons une seule autre cordée sur l’ arête Sud du Lagginhorn, déjà loin devant car partie du refuge de très bonne heure.

Frontales dans la nuit

20180930 101850

 

Lever de soleil sur le Valais

20180930 101850

 

Notre timing est parfait : nous sommes au col du Lagginjoch à 3500m à 7h30 après 2h d’approche, prêts à attaquer l’ascension alors que le soleil vient réchauffer l’arête et illumine les 4000 enneigés, du Mont Rose au Weisshorn. L’escalade de la première moitié de l’arête est fantastique, le rocher orange au lever du soleil offre une escalade plaisir, très abordable et aérienne sur le fil. Nous parvenons vers 9h en haut du gendarme caractéristique à 3906m d’altitude, à la suite duquel l’arête constitue un véritable parcours de montagnes russes. Le rocher est en effet excellent sur le fil, mais très mauvais sitôt que l’on s’en écarte. Il faut donc escalader « en plein ciel »…et désescalader de l’autre côté. 

Belles escalades dans la première partie

20180930 101850

Cheminement astucieux et aérien

20180930 101850

 

Un long cheminement nous sépare ainsi du sommet, et il faut parfois chercher un peu l’itinéraire pour ne pas corser l’affaire. Au gré des escalades-désescalades, exercice toujours quelque peu délicat pour ceux qui n’y sont pas familiers, cette course très alpine révèle toute son ampleur et le temps file… peu de chance de parvenir à respecter l’horaire du topo du CAS qui donne 4h pour parcourir l’arête. Les nuages montent, on s’active un peu et on atteint le sommet à 4010m à midi, soit 4h30 après avoir quitté le Lagginjoch. Pas si mal. Nous profitons alors d’une pause bien méritée au sommet hélas noyé dans les nuages.  

 Escalade à l’ancienne en fissures et cheminées

20180930 101850

 

Oups ! Je n’aurai peut-être pas dû affuter la corde…!

20180930 101850

 

Désecalades aériennes

20180930 101850

 

Terrain montagne…

20180930 101850

 

Terrain montagne toujours !

20180930 101850

 

Les nuages montent au gré de notre progression

20180930 101850

 

Coup d’oeil dans le rétro…belle ambiance sur cette arête Sud

20180930 101850

 

Summit…dans le brouillard complet !

20180930 101850

 

La descente par la voie normale, sorte de sentier suspendu en rochers branlants parfois verglacés, nous fait d’autant plus apprécier la belle arête que nous venons de parcourir. Plus nous descendons, plus nous quittons les nuages et c’est avec plaisir que nous regagnons un autre bout de glacier que nous descendons « en ramasse », pratique ô combien ludique quoique sujette à quelques belles chutes dans la neige ! Nous regagnons la Weissmieshütte à 15h, un peu moins de 10h après notre départ. C’est le tarif pour cette grande course, peu difficile techniquement mais qui nécessite concentration, efficacité et endurance tout au long de l’ascension qui se déroule pendant plusieurs heures entre 3900 et 4000m.

Un Chaos de blocs rocheux constitue la descente.

20180930 101850

Une fois sorti des sections potentiellement dangereuses, la plus grande hantise de ces grandes courses est d’arriver après la fermeture du téléphérique, et ainsi rallonger inutilement une journée déjà bien remplie. En arrivant comme prévu à 15h au refuge, nous nous octroyons tranquillement une nouvelle tournée de bières avant de redescendre vers la gare d’arrivée de Kreuzboden, dont les cabines nous déposent tranquillement à 50m de la voiture. Ça valait le coup de s’activer un peu.

16h, nous arrivons à la gare du téléphérique, il est temps de filer !

20180930 101850

Bravo à Joris pour son premier 4000 et à Jean-Christophe pour qui c’était le second après celui de la collective du 12 août dernier, et merci à Matthieu pour sa participation. Supers moments passés en montagne, et un beau sommet pour conclure une très belle saison. Fini les réveils en plein nuit, place à l’escalade aux heures chaudes de l’après-midi !