Tour des Crottes et pointe de Tsan, par Thomas, Virgile, Marc, François, Hugues et Léa

Samedi : approche et mise en jambes
Départ à 6h du matin de l’habituel parking Mikado, avec un kilo de tomme dans le sac (nous y reviendrons).
Après quelques heures de route, nous passons en Italie et attaquons la marche d’approche dans le Val d’Aoste, avec le Cervin en toile de fond.
À 12h, nous atteignons le bivouac non gardé, le temps d’avaler un sandwich, puis nous repartons vers la Tour des Crottes en terrain d’aventure.
La course s’ouvre sur un long couloir péteux, où l’on entend Hugues râler sur la voie à emprunter, et sur une prise qui lui reste dans la main et qui le fait chuter quand il tente de partir sur la gauche. Cinq minutes plus tard, nous entendons Hugues crier que c’est bien à droite. Quelques pierres et un mousqueton volant à travers le couloir plus tard, nous arrivons au sommet. De là, nous découvrons l’objectif du lendemain : la pointe de Tsan.

Après quelques rappels et une désescalade aventureuse, nous regagnons le bivouac, ravis d’y être seuls pour la soirée. Pour nous réconforter de cette première journée, nous nous attelons au souper. Au menu : aligot.
Ingrédients pour un aligot de bivouac réussi
- 1 kg de tomme
- 2 sachets de purée mousseline
- 1 bouteille de vin rouge
- 1 flasque de génépi
- 6 cafistes gais lurons
Préparation :
- Ouvrir une bouteille de vin et la boire
- Découper le fromage, en vérifiant que les commis ne le mangent pas
- Touiller jusqu’à voir se former de longs filaments de fromage dans la purée quand vous soulevez la cuillère
- Servir et déguster en racontant vos meilleures anecdotes à la lueur de la bougie et des frontales
- (Se) finir par du génépi
Puis c’est l’heure du dodo. François s’auto-désigne pour dormir sous la tente afin de ne pas réveiller tout le monde avec ses ronflements. Le reste du groupe s’endort. Spoiler : un ronfleur s’est tout de même infiltré dans la cabane.

Dimanche : la pointe de Tsan et le retour
Départ à 6h pour une marche d’approche à la frontale. Au col, deux cordées de trois s’élancent, menées par François et Hugues, sur la pointe de Tsan par la voie « Cresta Rey », cotée AD.
L’ascension se déroule aisément. Le rocher est meilleur que la veille et nous offre très vite une vue à 360° sur les Alpes suisses et italiennes. L’itinéraire est plutôt clair, malgré un François qui emprunte une variante, modestement rebaptisée « la Danel » par nos soins. Nous atteignons le sommet, fiers de nous, après quatre heures d’ascension.
La descente est plus délicate : relais discrets, rocher plus friable. Le moment le plus dur psychologiquement reste sans conteste les six kilomètres de plat interminables avant la voiture, avec Thomas et sa cheville en vrac, qui n’a pas bronché de toute la descente et qui a finalement été pris en charge en voiture par un couple d’Italiens sur les derniers kilomètres.
Le week-end se couronne d’une pizza à Courmayeur, avant de repasser la frontière et de se dire au revoir, en attendant les prochaines aventures.
