Compte-rendus

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Dernier week-end de Juin. Il fait beau et les conditions en montagne sont excellentes. Romain cherche des encadrants pour l’accompagner dans le classique mais splendide bassin du Tour. C’est donc avec une équipe d’encadrement renforcée que nous emmenons Aurélie, Alix, Axel, Romain et Romain se frotter à la haute montagne. Au programme, la Petite Fourche prévue initialement par Romain, et la Grande Fourche que j’ai rajoutée au programme pour l’occasion.

 

Ce week-end au long cours débute dès le vendredi soir, soirée au cours de laquelle les encadrants n’ont pas brillé par leur sagesse… heureusement que le rendez-vous est à 10h le lendemain ! Alix, Axel, Romain et Romain sont hyper motivés, et nous décollons rapidement pour le village du Tour. Nous récupérons sur la route Gwenn et Aurélie à Servoz. L’avantage et l’inconvénient de monter à Albert 1er, c’est qu’il n’y a pas grande possibilité de faire autre chose la première journée. Nous nous arrêtons donc tranquillement chercher à manger à Argentière, et certains poussent même jusqu’à refuser de prendre le téléphérique de Charamillon, savourant ainsi le plaisir de remonter à pied en plein cagnard le long des pistes de VTT. Qu’à cela ne tienne, personne n’échappera pour autant aux rudiments nécessaires à la progression sur glacier : techniques d’encordement et réalisation de manips en tous genres permettront à chacun de voir ou revoir les bases qui permettent d’économiser un temps précieux. Chacun se débrouille bien, les week-ends de formation du début de saison portent leurs fruits.

Tous à la brasserie !

Révision studieuse des encordements sur glacier... dans l'herbe!

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Contents d'être en montagne !

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Arrivés à Albert 1er , on savoure une bonne bière que seul un refuge peut nous faire apprécier (bis repetita, voir mon CR à Argentière) : une Kronenbourg, oui mais fraîche et à la pression s’il vous plaît ! Bref, qui cherche à déguster de la bière d’Abbaye en refuge doit définitivement changer de sport.
Le soleil se couche sur le bassin du Tour et l’on se pique de regrets en découvrant le nombre de bivouacs autour du refuge : les emplacements sont excellents, la température idéale, et le temps très stable. Damned, c’était LE soir de la saison pour bivouaquer ! On rentre avec dépit se coucher dans notre dortoir à la chaleur étouffante.

Refuge d'hiver

Que faire autour d'un refuge......chacun tente de trouver sa voie

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La nuit sera courte. Il fait chaud et il faut tenir les horaires. Je choisis un réveil à 2h15 pour mon groupe avec départ à 3h pour la Grande Fourche. Romain, qui vise la Petite Fourche mais espère coupler avec l’Aiguille du Tour, se réveillera à peine plus tard. Bien décidé à ne pas souffrir d’une nuit trop longue ( !), Gwenn mettra le réveil…à 2h ! Tant pis pour le quart d'heure de sommeil..

Nous décollons du refuge à 3h comme prévu, et traversons rapidement dans les dalles au-dessus du refuge pour rejoindre le glacier. Nous découvrons alors avec surprise qu’il y a du regel ! Excellente nouvelle, cela nous permettra à la fois de progresser à un bon rythme mais en plus avec une meilleure confiance dans les ponts de neige sur lesquels nous devrons passer de nuit. Les différents topos consultés indiquent 2h / 2h15 d’approche. Nous tenons le timing et arrivons à la rimaye à 5H alors que le jour se lève timidement. 

Alpinistes dans la nuit. On reconnaît aisément Alix à gauche et Romain à droite.

L'objectif du jour pour Gwenn, Alix, Romain, Axel et moi ; Romain, Aurélie et Romain visent la petite Fourche juste à gauche.

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La pleine lune illumine le Chardonnet. Les multiples cordées visent l'arête Forbes.

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Une pente de neige raide garde l’accès à l’arête en elle-même. C’est excellent à cramponner, nous franchissons la rimaye sans peine et avalons rapidement la pente en pointes avant. Des plaquages de glace sur le rocher nous attendent à la sortie et il faut être attentif. Bonne nouvelle, Alix et Romain, mes seconds de cordée, se régalent ! Arrivés sur l'arête, on affronte un petit vent frais qui nous congèle alors que le soleil tarde à se lever. S’ensuit alors un cheminement classique sur le fil de l’arête, où la grimpe est plaisante sur un granite de grande qualité. On est vraiment dans l’alpinisme plaisir : de l’ambiance, du terrain varié, et de l’escalade abordable dans de gros blocs enchevêtrés. 

Le jour se lève sur l'Aiguille d'Argentière, gravie une semaine plus tôt.

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Départ de l'arête proprement dite.

Alix se cache entre les blocs

Le topo évoquait un cheminement tantôt versant Tour, tantôt versant Saleina, tantôt sur le fil. Nous resterons versant du Tour tout du long, moyennant quelques rares passages d’escalade plus physique, car le versant suisse est très chargé en neige. Après un peu de recherche d’itinéraire, nous arrivons au pied du bastion sommital. Le topo indique 1h30 pour gravir celui-ci. Il est 7h30 et nous nous sommes fixés d’atteindre le sommet pour 9h max. Nous sommes donc totalement dans les clous. Oui mais…il y a un mais ! Et même plusieurs. Face à nous, les rochers disparaissent, ensevelis sous des pentes de neige raide. Rien d’infranchissable mais il faut choisir de s’engager ou alors forcer la grimpe sur le fil de l’arête en escalade bien plus ardue. De plus, la seconde cordée menée par Gwenn est moins rapide, Alex découvrant l’escalade en montagne. Nous sommes à 3500 m, tout le monde est bien, on fait le choix prudent quoiqu’un peu frustrant d’entamer la descente tranquillement pour préserver le moral et les bonnes sensations de chacun. « Safety First ! » comme disent nos amis d’Outre-Manche.

ça commence à se complexifier !

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Choisissant le couloir de descente classique versant Tour, nous nous confrontons alors à des conditions de mixte loin d’être débonnaires. Des passages de désescalade aériens puis des passages de glace raide compliquent notre progression. Nous remettons les crampons et déployons toute la palette de techniques alpines pour atteindre les rappels du couloir de descente. Grosse ambiance, un couloir magnifique en neige, glace et rochers, mais qui aurait gagné à être un peu plus fourni car beaucoup de pierres sont posées sur un fond de sable raide. Nous passons un temps certain à boucler les rappels, équipés à 25m, engagés à 5, et devant consolider certains d’entre eux qui se résument à un bout de cordelette fine. Tout le monde garde sa bonne humeur pendant que les encadrants s’affairent, et chacun profite de l’arrivée au soleil une fois sur le glacier.

La courte désescalade en mixte

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On accède enfin aux rappels

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Superbe ambiance aux relais des rappels

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Axel file vers le soleil