Compte-rendus

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Ce jour là, c’était jour de fête !
Gilbert avait programmé Le Désert de Platé après que je lui aie suggéré quelques semaines plus tôt que ce serait sympa s’il pouvait proposer ce parcours avant la fin de saison.J’étais tellement contente …. que j’en ai oublié de mettre le réveil !!!

Le groupe m’ayant attendu, nous sommes bien 7 à quitter Annecy avec seulement 1/4 d’heure de retard en direction du massif des Fiz. Au programme : passages escarpés, paysages à couper le souffle, navigation à vue dans le désert, recherche de nautiles fossilisés et de clefs de voiture.

 

 

 

Après avoir laissé une voiture à Praz Coutant, nous démarrons notre parcours de la station de ski de Plaine Joux où nous stationnons la 2nde voiture. A la sortie du parking, nous empruntons le GR de Pays Tour du Mont Blanc. Une large piste nous permet de commencer à découvrir le massif des Fiz tout en bénéficiant d’une vue sur le Mont Blanc.

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Nous traversons le hameau de Ayères des Rocs, puis à la sortie d’Ayères des Pierrières, nous obliquons à gauche sur un chemin qui monte plutôt raide en direction du passage du Derochoir. Rapidement, nous traversons des zones d’éboulis.

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Le paysage est complètement minéral et nous devons parfois nous aider de nos mains.

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Arrivés en pied de falaise munie de cordes, rampes, et échelles, nous attaquons la montée avec un dernier conseil de Gilbert « Et, t’oublie pas de faire des photos pour le compte-rendus quand même ! ». Euhh, je fais comment pour prendre des photos avec les 2 mains prises agrippées à une corde qui pendouille en ayant plusieurs mètres de vide sous moi ?? Petites montée à pic et passages sur des vires s’enchaînent pour arriver enfin au passage du Derochoir.

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A ce niveau, Gilbert nous présente le panorama :

- en face le vallon de Challes et ses chalets ;

- à droite en enfilade le Marteau, les Pointes d’Ayères, la Pointe d’Anterne, la Tête à l’Âne, la Pointe de Charbonnière, la Pointe de Sales ;

- à gauche la Pointe du dérochoir, la Pointe de Platé, le Col de la Portette, les Chateaux de Cran puis les Grandes Platières au milieu du Désert de Platé.


 

 

 

 

 

Pointe de Platé 

Nous continuons sur un petit sentier en direction du col de la Portette. Un troupeau de bouquetins nous regarde tranquillement passer. De nouveau, une zone d’éboulis nous oblige à rester concentrer sur un balisage de points rouges, cairns, ou traces de terre sur les rochers laissés par de précédents randonneurs.

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C’est sous le Col de la Portette que nous pique-niquons d’où nous bénéficions d’une vue sur les Laouchets ; petits lacs très importants pour la survie de la faune locale arpentant la zone désertique située un peu plus haut.

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La Pointe de Sales et les Laouchets

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Plutôt que de repartir en direction du Col, nous nous engageons sur une sente située sous les Chateaux de Cran. Nous prenons la direction des Grandes Platières tout d’abord en zone herbeuse où quelques marmottes et moutons croisent notre chemin, puis en zone de plus en plus minérale au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans le Désert de Platé.Dans ce dernier, l’orientation s’effectue à vue. Et bizarrement, c’est à ce moment là que j’ai senti la confiance du groupe défaillir quand à ma capacité à continuer à mener en tête ce parcours en ma qualité d’apprentie initiatrice.

Catherine, très observatrice : « Dis donc, ça ne serait pas une balise ou un cairn la haut ? ». Réponse : « Non, c’est une fleur ». Catherine, stupéfaite : « T’es sûre ??!! ».

Adeline, enthousiaste « Et, y’a une série de cairns là bas, on pourrait peut-être s’en approcher ? ». Réponse : « Ouai, ouai, on y va, on y va ». Adeline, dépitée : « Ah bon … c’est pas vraiment l’impression que ça donne... ».

Heureusement Gilbert veille au grain : « Vas -y, tire à droite ! », pour finalement ajouté une dizaine de minutes plus tard « Bon ben, on a trop tiré à droite ...» 

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Nous arrivons enfin en vue du téléphérique des Grandes Platières. L’occasion de s’intéresser aux particularités du Désert :

« En raison de son grand intérêt paysager, le désert de Platé et les sommets avoisinants sont protégés en tant que site classé au titre de la loi du 2 mai 1930. Le site classé couvre une superficie de 1980 hectares environ. Le lapiaz de Platé est un plateau calcaire connu comme étant le plus grand d’Europe.

Il y a 50 millions d’années, la collision entre les plaques tectoniques africaine et européenne fut à l’origine de la formation des Alpes. L’océan Téthys qui se trouvait entre les 2 plaques s’est ainsi petit à petit refermé et les roches sédimentaires qui s’étaient déposées en son fond se sont retrouvées soulevées jusqu’à 2000 m d’altitude ou plus.

Les glaciers ont dans un 1er temps mis la roche à nu, qui fut ensuite attaquée par la neige, le gel et la pluie. Les actions combinées de l’érosion mécanique et chimique par l’eau (le dioxyde de carbone contenu dans l’eau dissout le calcaire) , variant en fonction de la nature de la roche, ont engendré une extraordinaire richesse de formes : fissures, rigoles, cuvettes, cannelures, méandres,... »

Sources : Livret de la station de Flaine, Dépliant de la Diren Rhones Alpes 

 

 

  

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Jean-Claude profite de cette pause au sommet pour faire un test radio : « Appel secours en montagne pour CAF d’Annecy pour test radio », «  Appel secours en montagne pour CAF d’Annecy pour test radio ». Après plusieurs essais infructueux et un tonitruant « B..del de m...de, j’en ai marre de passer pour un c...illon », la radio grésille et se met à émettre : « Secours en montagne pour CAF d’Annecy, je te reçois 5 sur 5, terminé ». Ouf, l’honneur du responsable de la section randonnée est sauf !

 

 

 

Nous repartons direction les dalles de la Matolle ; formation de grés rose très particulière au sein de laquelle il peut être observé de nombreux fossiles typiques des mers chaudes. Alors que certains d’entre nous tentent de trouver la trace du fameux nautile, d’autres se transforment en reporter-photographe en essayant de tirer parti des fissures de la roche ou en zoomant sur les petits fossiles.

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Et c’est reparti direction les chalets de Platé. Tentative de déstabilisation de l’apprentie initiatrice : « Dis donc, t’es sûre que t’es partie dans la bonne direction ? Non, parce que dans mon souvenir, ce n’était pas aussi long... ». Passage à proximité du Col du Colonney. La descente se poursuit à travers le désert sur un sentier bien marqué.

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Arrivés aux chalets de Platé gérés par le CAF de Sallanche, la Tête du Colonney se découvre.

 

 

 

 

 

 

 

   

 

 

 

A présent, c’est direction la Charbonnière que nous nous orientons. La descente est rude, nous passons par une petite passerelle.

  Au Charbionnère, direction Praz Coutant. C’est à peu près à 5 mn avant d’arriver à la voiture laissée en ce lieu que Catherine met à profit une pause pour récupérer sa clef de voiture : rien dans le sac, toujours rien dans les poches extérieures du sac, encore rien dans la polaire, et malheureusement rien non plus dans le pantalon... Il est temps de se rendre à l’évidence : les clefs de la voiture stationnée à Praz Coutant sont restés dans le coffre de la voiture laissée à Plaine Joux ! C’est Catherine qui se désigne d’office pour rejoindre au petit trot la voiture de Plaine Joux afin de la ramener à Praz Coutant où le reste du groupe n’aura pas à l’attendre bien longtemps.

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Au final, ce fut une excellente journée, qui a constitué un bon entraînement pour l’apprentie initiatrice que je suis, sur un parcours de 16 km et 1200m D+, avec des difficultés techniques, des découvertes géologiques, de précieux conseils de Gilbert et Jean-Claude, et un groupe à la bonne humeur permanente.

 

 

Photos : Jean Claude et Séverine